Fêtes et traditions

Interview de Karim Stéphane ASIKA de Whereez : Innover dans l’organisation d’événements d’entreprise

Karim, vous avez quitté La Réunion à 17 ans et vous avez finalement créé Whereez, une plateforme qui réinvente les loisirs locaux et une agence pour les événements d’entreprise : comment ce parcours, entre Saint-Denis, Paris et vos études en...

24 août 2026 7 min de lecture
Interview de Karim Stéphane ASIKA de Whereez : Innover dans l’organisation d’événements d’entreprise

Karim, vous avez quitté La Réunion à 17 ans et vous avez finalement créé Whereez, une plateforme qui réinvente les loisirs locaux et une agence pour les événements d’entreprise : comment ce parcours, entre Saint-Denis, Paris et vos études en ingénierie et finance, a-t-il façonné votre vision de l’innovation dans l’organisation d’événements d’entreprise ?

C’est en participant à un atelier de clown… oui, vous avez bien lu… de clown ! que Whereez est né. Notre idée, dès le départ, a été de réinventer l’expérience événementielle en proposant à nos clients de vivre des « expériences » à travers les événements qu’on nous confiait.

Mon parcours académique et professionnel a été riche en expériences et en rencontres. Grâce à cela, j’ai pu faire énormément de rencontres en parcourant le monde. Cela m’a permis de comprendre que, partout sur Terre, nous ressentons le besoin d’avancer. La question est de savoir : dans quelle direction ?

On associe souvent innovation et technologies, mais selon moi, les technologies ne sont qu’un support et non une fin en soi. Innover, c’est surtout savoir surprendre les participants. Que vont-ils ressentir ? Comment créer un souvenir dont tout le monde parlera encore dans un mois ?

Chaque région a sa culture, ses ressorts. Mon enfance à La Réunion, dans un environnement multiculturel unique, a été un énorme avantage dans ma compréhension de ces ressorts.

Lorsque vous concevez un team building ou un séminaire « clé en main » pour une entreprise, comment transformez-vous concrètement un format classique (réunion, cocktail, soirée) en expérience vraiment innovante, par exemple autour d’ateliers comme l’apiculture, le graffiti ou le Maloya ? Pouvez-vous décrire un cas précis avant/après ?

L’apiculture, le graffiti ou l’initiation au Maloya sont de très bons exemples de ce qui peut apporter un nouveau regard sur l’expérience événementielle. Allez-vous créer un souvenir marquant en faisant tester des activités inhabituelles à vos participants ? Des activités qui vont leur permettre de se réapproprier des éléments clés de la culture collective ou qui sont tournées vers le futur, par exemple autour de l’IA ?

Les exemples et les possibilités sont légion, et il est heureusement impossible d’apporter une réponse unique à cette question. Quel est le contexte ? Quelles sont vos aspirations ? Quels sont les enjeux ? En recentrant le débat sur ces questions, on peut commencer à tirer la pelote de laine et travailler plus en profondeur.

Qu’il s’agisse d’une soirée futuriste avec des shows en hologramme et des robots à Paris, ou d’une journée sur le thème du Far West à La Réunion, nous essayons toujours de surprendre nos clients en gardant leurs prérogatives en ligne de mire !

Vous travaillez avec des centaines de petits acteurs locaux à Paris, à La Réunion et dans les Hautes-Alpes : en quoi le fait de s’appuyer sur ces structures de proximité change-t-il en profondeur la façon de penser un événement d’entreprise, par rapport à une approche plus standardisée avec des prestataires nationaux ?

Depuis nos débuts, nous avons développé de nombreuses destinations : Lille, Lyon, Nice, Nantes, Bordeaux, Toulouse… Notre leitmotiv du début est resté le même, nous avons gardé notre ADN : développer le tissu économique local par le secteur de l’événementiel.

Travailler avec des structures de proximité nous apporte beaucoup de souplesse pour innover et inventer de nouveaux concepts avec nos partenaires. Nous avons, par exemple, monté récemment un atelier de cuisine solidaire avec un partenaire de confiance.

Nous sommes allés à la rencontre d’associations qui luttent contre la précarité alimentaire et nous permettons aujourd’hui aux entreprises de participer à des ateliers de cuisine dont les repas préparés sont distribués le jour même à des sans-abri.

C’est une logistique exigeante que l’on ne soupçonne pas ! C’est passionnant de faire se rencontrer le monde des affaires, les structures de proximité et le tissu associatif !

Depuis la création de Whereez, quelles grandes évolutions avez-vous observées dans les attentes des entreprises en matière d’événements (sens, impact local, cohésion, RSE…) et comment cela vous pousse-t-il à innover en permanence dans vos propositions ?

Le marché de l’événementiel a connu une mutation profonde ces cinq dernières années, marquée par une hybridation des formats (présentiel/digital) et une exigence accrue en matière d’expérience immersive et personnalisée.

La crise du Covid a accéléré l’adoption d’outils technologiques, mais aussi la recherche de sens : les participants attendent désormais des événements à impact (RSE, inclusivité, contenu utile).

Nous percevons cette évolution comme une opportunité : moins de « quantité », plus de qualité relationnelle et créative avec nos clients.

Notre taille humaine nous permet d’être agiles, en proposant des solutions sur mesure qui allient innovation et authenticité, sans les lourdeurs des grands groupes.

Innover, c’est aussi gérer des contraintes : logistique, budget, diversité des publics, sécurité… Quels sont les principaux freins que vous rencontrez lorsqu’une entreprise veut sortir des sentiers battus pour son événement, et comment les contournez-vous ou les transformez-vous en opportunités créatives ?

Sur le budget, il est tentant de se dire que sortir des sentiers battus coûte forcément plus cher. En réalité, le fait de travailler avec de petites structures locales nous permet de proposer des expériences plus originales à budget maîtrisé, tout en soutenant le tissu économique local — ce qui a aussi du sens pour les entreprises qui nous sollicitent.

Les publics auxquels nous nous adressons sont souvent très variés : âges, mobilité, genres, fonctions différentes dans l’entreprise… Cela nous pousse à ne jamais proposer un format unique, mais à toujours penser plusieurs niveaux d’engagement dans une même activité, pour que personne ne se sente mis de côté. C’est une exigence qui, au fond, améliore le sentiment d’appartenance et l’inclusion.

La sécurité, c’est probablement l’exemple le plus parlant. Nous avions organisé un événement sur le thème du Moyen Âge pour une entreprise, en leur proposant le Musée du Moyen Âge — un monument classé. Un lieu magnifique, mais avec énormément de contraintes de sécurité liées à son statut : cela limitait fortement ce que l’on pouvait installer, déplacer ou faire circuler comme public.

Plutôt que de subir cette contrainte, nous avons dû repenser en profondeur les activités elles-mêmes et leur format pour qu’elles s’adaptent naturellement à ces règles, sans jamais transiger sur la sécurité. En fait, c’est ce travail qui nous a permis de donner beaucoup plus de fluidité au déroulé de la journée : les activités s’enchaînaient de façon plus naturelle, presque chorégraphiée, parce que nous avions été obligés de les penser finement en amont plutôt que de les plaquer sur le lieu.

Au fond, notre conviction chez Whereez, c’est que ces contraintes ne sont pas des obstacles à l’innovation : elles en sont souvent le point de départ !

Si l’on se projette à 5 ou 10 ans, à quoi pourrait ressembler, selon vous, un séminaire ou un team building vraiment « nouvelle génération » ? Quel rôle joueront, par exemple, le territoire local, le numérique, l’impact environnemental ou l’implication des collaborateurs dans la conception même de l’événement ?

Le marché bascule donc vers l’hyperpersonnalisation et la responsabilité : fin des événements standardisés, place aux expériences utiles, inclusives et low-tech lorsque le digital n’ajoute pas de valeur.

Nous misons sur :

  • l’agilité, avec des formats modulables selon les publics ;

  • l’ancrage territorial, avec des réseaux de prestataires locaux et le réemploi des décors ;

  • le storytelling émotionnel, pour créer du lien durable bien au-delà de l’événement lui-même.

Pour conclure, quel conseil donneriez-vous à un dirigeant ou à un responsable RH qui veut repenser en profondeur ses événements d’entreprise pour qu’ils soient à la fois plus innovants, plus ancrés dans le territoire et plus utiles à ses équipes ?

De contacter Whereez de toute urgence ! :)

Pour en savoir plus : https://whereez.com/fr/site/la-reunion