Iloha Seaview Hotel
Ce qui nous a convaincus ici, c'est l'échelle du jardin : trois hectares de végétation...
On quitte la route du littoral, on remonte une impasse, et la ville disparaît d'un coup. Le Blue Margouillat occupe une grande maison créole accrochée à la pente, au-dessus de Saint-Leu, avec pour horizon la barrière de corail et l'océan au-delà. À l'intérieur, du bois exotique, du mobilier de la Compagnie des Indes, des varangues qui prolongent chaque pièce vers le large, et un jardin de frangipaniers, d'hibiscus et d'alamandas que les alizés traversent en fin de journée. La maison a la taille d'une grande demeure privée, pas d'un hôtel : quatorze clés, une piscine chauffée, une galerie où tournent des artistes réunionnais. C'est un cinq étoiles, et c'est surtout une maison.
Parce que l'adresse est membre de Relais & Châteaux et qu'elle en tient la promesse par la table plutôt que par l'inventaire des équipements. Parce que quatorze clés sur un site pareil, c'est le rapport que nous cherchons : personne dans les couloirs, la piscine rarement occupée, un service qui connaît votre prénom au second jour. Et parce que la maison a un parti pris esthétique assumé, créole et tropical, au lieu du vocabulaire international interchangeable des resorts de bord de mer. À La Réunion, très peu d'adresses tiennent cette combinaison de petite échelle, de gastronomie et de vue frontale sur le lagon.
Saint-Leu est la commune de l'ouest où l'île se regarde depuis la mer et depuis le ciel. Le lagon et sa passe font l'une des vagues les plus connues de l'océan Indien, Kélonia et son observatoire des tortues marines sont sur le front de mer, et les parapentes qui descendent des Colimaçons se posent à quelques minutes de la maison. L'hôtel, lui, est en retrait, sur la hauteur : on entend l'océan, on ne subit pas la route. La contrepartie se dit : les soirées se passent sur place ou à Saint-Leu même, et l'on prend la voiture pour les cirques comme pour le volcan.
Prix : Luxe
Ambiance : créole, feutrée, gastronomique, adulte
Chambres : quatorze clés, dont dix chambres Grand Large avec varangue dans la maison créole, deux suites romantiques avec piscine et spa privés, et deux suites créoles en villa
Idéal pour : voyageurs en quête de gastronomie, couples, séjours sans enfants sur la côte ouest
Ce que nous préférons : la varangue au coucher du soleil, quand la table dressée dehors regarde la barrière de corail
Table : le restaurant L'Éveil des sens, cuisine gastronomique métissée, cave à vins et cave à fromages, dîner aux chandelles sous la varangue ou au bord de la piscine
Équipements : piscine chauffée à vue panoramique, spa privé en villa et carte de massages, conciergerie, bibliothèque, galerie d'art contemporain, prêt de matériel de plongée, parking sur place
À proximité : lagon et spot de surf de Saint-Leu, Kélonia, site de parapente des Colimaçons, sentiers des hauts de l'ouest
Les chambres Grand Large occupent la maison créole elle-même : varangue privative, vue frontale sur l'océan, volumes de demeure ancienne. Les deux suites romantiques montent d'un cran avec leur bassin et leur spa privés, face à l'Indien. Les deux suites créoles, en villa, jouent l'intimité complète, pour qui veut une maison dans la maison. Le choix se fait donc moins sur la surface que sur le degré de retrait souhaité, et c'est une bonne façon de raisonner ici.
La table est le cœur de l'adresse. La cuisine y est métissée, construite sur le produit local et sur des techniques classiques, et l'on peut la prolonger par la cave à fromages et par une carte des vins que la maison revendique comme une lecture en soi. Le dîner se prend sous la varangue ou au bord de la piscine, aux chandelles. Pour beaucoup, c'est la raison du séjour plus que la chambre, et il faut réserver sa table en même temps que sa nuit.
Les enfants ne sont pas accueillis et les animaux non plus : l'adresse assume une clientèle adulte et une atmosphère silencieuse. Le site est en pente, ce qui se sent dans les circulations. La plage n'est pas au pied de l'hôtel, elle se rejoint en quelques minutes. En revanche, la saison des baleines se vit depuis la terrasse, jumelles à portée, et c'est un argument que peu d'adresses de l'île peuvent avancer.