Piton de la Fournaise : lire le volcan après la dernière éruption
Sur la route de Bourg Murat au pas de Bellecombe, le volcan du Piton de la Fournaise ne projette plus de fontaines de lave, mais le paysage reste marqué par l’éruption récente. Depuis le belvédère, vous observez un système volcanique entier, avec l’enclos Fouqué, les anciens cratères et les nouvelles coulées sombres qui figent l’activité éruptive comme une carte en relief. Pour un voyageur qui vient à La Réunion pour les randonnées et les volcans, c’est le moment idéal pour comprendre comment un piton volcanique façonne l’île sur des milliers de kilomètres carrés.
Les données de l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF-IPGP), publiées lors de l’éruption du 13 février 2020, confirment que l’activité sismique a chuté, mais que le magma reste présent en profondeur sous la surface de l’enclos. Ce volcan bouclier très actif alterne des phases d’activité éruptive courte et des pauses plus longues, ce qui impose de garder un œil sur chaque bulletin de l’observatoire volcanologique, surtout si vous prévoyez une randonnée engagée. Quand une nouvelle activité éruptive se prépare, le niveau éruptif change vite, les signaux sismiques augmentent et le préfet de La Réunion peut fermer brutalement les sentiers d’accès au Piton de la Fournaise.
Depuis le pas de Bellecombe, vous ne verrez plus de fissure éruptive rougeoyante, mais vous lisez encore la dynamique de l’éruption du Piton de la Fournaise dans les textures de la lave. Les spatter ramparts, ces bourrelets éruptifs alignés, trahissent l’ouverture d’anciennes fissures éruptives, tandis que les tunnels de lave effondrés montrent le trajet des coulées en profondeur sous la croûte refroidie. Pour un randonneur habitué aux GR métropolitains, c’est une leçon de volcanologie à ciel ouvert, bien plus parlante qu’un schéma dans un manuel volcanologique.
Repères pratiques – pas de Bellecombe
Altitude : environ 2 300 m – Accès routier depuis Bourg Murat – Coordonnées GPS approximatives : 21,231° S ; 55,708° E – Zone soumise aux arrêtés préfectoraux relatifs au niveau d’alerte volcanique et aux fermetures de sentiers.
Grand Brûlé et Sainte Rose : marcher sur les coulées encore tièdes
Sur la côte est de La Réunion, entre Sainte Rose et Saint Philippe, la route nationale qui traverse le Grand Brûlé longe les coulées de la dernière éruption de la Fournaise comme une cicatrice noire. Une partie de la route des laves reste fermée ou déviée, conséquence directe de l’éruption du Piton de la Fournaise qui a envoyé des coulées d’éruption jusqu’à l’océan sur environ sept kilomètres. Les autorités de La Réunion rappellent que l’on ne traverse jamais une zone de coulées récentes sans vérifier les arrêtés du préfet de La Réunion et les consignes de sécurité affichées sur place.
Les coulées qui ont atteint la mer entre Sainte Rose et le Grand Brûlé ont été suivies par satellite, avec des outils comme Landsat et les capteurs thermiques utilisés par la NASA Earth Observatory et le programme Copernicus Sentinel. Aujourd’hui, la surface paraît figée, mais la chaleur résiduelle peut persister en profondeur, surtout dans les tunnels où circule encore un peu de magma solidifié. Marcher sur ces coulées d’éruption, c’est tester de nouvelles sensations de randonnée, entre la roche encore tiède par endroits et l’odeur de soufre qui rappelle que l’activité volcanique n’est jamais totalement endormie.
Les guides locaux qui connaissent chaque recoin du système volcanique du Piton de la Fournaise proposent des itinéraires courts pour approcher les coulées sans franchir les limites fixées par l’observatoire volcanologique du Piton et le parc national. Ils vous emmènent lire les formes des coulées pahoehoe et aa, comprendre comment la viscosité du magma contrôle le style éruptif et repérer les zones où la croûte sonne creux, signe d’une cavité en profondeur. Dans ces paysages, on réalise que l’activité passée de la Fournaise a littéralement gagné du terrain sur l’océan, en ajoutant de nouveaux mètres de surface à l’île de La Réunion.
Zone Grand Brûlé – infos accès
Tronçons de la route des laves régulièrement impactés par les coulées – Coordonnées GPS approximatives du secteur central : 21,302° S ; 55,800° E – Accès conditionné par les arrêtés préfectoraux en vigueur et les recommandations du Parc national de La Réunion.
Itinéraires, hélico et sécurité : choisir son approche du volcan
Depuis Bourg Murat, un itinéraire balisé permet de rejoindre en quatre à cinq heures les abords de l’enclos et les coulées les plus récentes, avec un dénivelé modéré mais constant. Partir tôt reste essentiel, car avant onze heures la lumière rase souligne mieux les reliefs des coulées, tandis que l’après-midi la brume remonte souvent depuis la côte de Saint Pierre et masque la vue sur le piton. Sur ce type de randonnée, le meilleur moyen de rester en sécurité consiste à consulter la veille les bulletins de l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise et les communiqués du préfet de La Réunion sur l’activité sismique et le niveau éruptif.
Les vols en hélicoptère au-dessus des coulées figées séduisent beaucoup de voyageurs qui veulent tester de nouvelles façons de voir le volcan, mais il faut regarder le coût réel et le bénéfice paysager. Quand la lave ne coule plus, l’intérêt principal du survol réside dans la lecture globale du système volcanique, des cratères sommitaux aux coulées qui ont atteint la mer, et certains randonneurs préfèrent investir ce budget dans deux nuits en gîte et un guide volcanologique. À pied, vous ressentez la texture de la lave sous vos semelles, vous entendez le vent qui remonte de la falaise du Grand Brûlé et vous comprenez mieux comment chaque éruption du Piton de la Fournaise redessine les pentes de La Réunion.
Les autorités rappellent quelques règles simples pour tout séjour volcanologique au Piton de la Fournaise, que ce soit en solo ou avec un guide. Les voyageurs comme les scientifiques posent souvent les mêmes questions : quand a débuté l’éruption, combien de temps a duré l’épisode éruptif, la lave a-t-elle atteint l’océan, y a-t-il eu des victimes, comment le volcan a-t-il été surveillé. Ces interrogations trouvent leurs réponses dans les données de l’observatoire, qui combine mesures sismiques, observations de terrain et imagerie satellite pour suivre chaque phase d’activité éruptive.
Avant de partir en randonnée
Vérifier le niveau d’alerte volcanique, les fermetures de sentiers, la météo en altitude et prévoir équipement chaud, eau, protection solaire, trousse de secours, carte ou trace GPS et moyen de communication chargé.
Données clés sur l’éruption récente du Piton de la Fournaise
- Longueur maximale des coulées de lave : environ 7 kilomètres, mesurés grâce aux images satellites Copernicus Sentinel et aux relevés de terrain de l’OVPF-IPGP lors de l’éruption du 13 février au 25 mars 2020.
- Panache de dioxyde de soufre associé au volcan : extension régionale suivie par les capteurs atmosphériques Sentinel et les produits de la NASA Earth Observatory lors des pics d’émission, avec une dispersion sur plusieurs centaines de kilomètres au-dessus de l’océan Indien.
- Durée totale de l’épisode éruptif principal : environ six semaines, entre le début de l’éruption et son arrêt observé par les équipes de surveillance de l’OVPF-IPGP, avec un suivi continu de l’activité sismique et du niveau éruptif.
Questions fréquentes sur le Piton de la Fournaise pour les voyageurs
Quand a débuté la dernière grande éruption du Piton de la Fournaise ?
La dernière grande phase éruptive du Piton de la Fournaise a commencé le 13 février 2020, avec une ouverture de fissures dans l’enclos Fouqué et une activité sismique en hausse détectée par les réseaux de surveillance. Les premières coulées se sont rapidement dirigées vers le sud-est, en direction du Grand Brûlé, sous l’œil des équipes de l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise. Pour un voyageur, cette date marque le début des restrictions d’accès aux sentiers et de la fermeture progressive de la route des laves.
Combien de temps a duré cet épisode éruptif pour le volcan ?
L’épisode éruptif principal a duré environ six semaines, entre le début de l’émission de lave et l’arrêt de l’activité de surface confirmé par les observateurs. Pendant cette période, le niveau éruptif a varié, avec des phases plus intenses où les coulées avançaient de plusieurs centaines de mètres par jour. Les autorités de La Réunion ont ajusté en continu les mesures de sécurité, en fonction des données sismiques et des observations de terrain.
La lave du Piton de la Fournaise a t elle atteint l’océan pendant cette éruption ?
Oui, les coulées de lave ont fini par atteindre l’océan sur la côte est, dans le secteur du Grand Brûlé entre Sainte Rose et Saint Philippe. Ce contact entre la lave et l’eau de mer a généré des panaches de vapeur et de gaz visibles à plusieurs kilomètres, suivis par les satellites et les équipes au sol. Pour les voyageurs, cette configuration spectaculaire reste aujourd’hui lisible dans les coulées figées qui plongent directement dans l’océan Indien.
Y a t il eu des victimes pendant cette phase d’activité volcanique ?
Aucune victime n’a été signalée pendant cette éruption du Piton de la Fournaise, grâce à la combinaison d’une surveillance continue et de fermetures préventives des zones à risque. Les évacuations éventuelles concernent surtout les axes routiers et les secteurs exposés aux gaz ou aux retombées de scories. Cette absence de victimes rappelle que le respect strict des consignes du préfet de La Réunion et des gardes du parc national permet de profiter du volcan sans s’exposer inutilement.
Comment le Piton de la Fournaise est il surveillé au quotidien ?
Le Piton de la Fournaise est surveillé par un observatoire volcanologique dédié, qui combine un réseau de sismographes, des stations GPS, des capteurs de gaz et des caméras. Ces données sont complétées par des observations de terrain régulières et par l’imagerie satellite fournie par des programmes comme Copernicus ou la NASA Earth Observatory. Pour préparer une randonnée et visiter le Piton de la Fournaise en toute sécurité, consulter les bulletins quotidiens de cet observatoire reste le meilleur réflexe avant de monter vers le pas de Bellecombe ou les coulées récentes.
Sources de référence
- Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF IPGP)
- Parc national de La Réunion
- NASA Earth Observatory